Lumière d'Aigueblle, 2012

La lumière  redessine l’espace, fait et défait le décor, change la vision. Chaque jour et chaque instant elle met en exergue un détail, un monument, un ensemble.

Le regard peut être différent. Rien n’est figé, tout évolue et se transforme.

Ce qui ne se voit pas aujourd’hui sera éclatant demain.

Pourtant, ce qui n’est peut-être jamais éclairé, existe.

L’ombre, la lumière, le visible et  l’invisible ont une même importance. Nos seules limites pour les percevoir restent celles de nos sens et l’envie de notre cœur.

Alors l’espace est différent. Sans frontière. L’arbre devient l’ombre qui devient statue qui devient le chemin qui devient  l’homme.

Et cette perception d’un tout, sans démarcation de mondes, est soutenue  par la sensation du temps, qui semble ici, différente. Rythmé par la vie monastique, il  semble plus posé et  accompagne l’homme dans ses échanges, ses réflexions ou ses prières.

C’est peut être cela qui fait que les visiteurs  ressentent cette paix intérieure en ces lieux.

Et  les  prières qui  s’envolent et  s’échappent, quittent l’église et le monastère, se faufilent vers les arbres, les statues, les oiseaux, comme la brume qui s’étire et se répand sur le monde environnant, avant d’aller plus loin encore.

 

Les temps d'Aiguebelle, 2014

Le temps des arbres qui nous regardent, détachés,

sur les chemins de l’Abbaye,

 

Le temps de l’homme qui passe, éphémère,

dans cette nature posée,

 

Le temps des frères, rythmé dans le choix de leur vie

par la règle de Saint Benoit,

 

Le temps des prières tendres, suppliantes, bouleversantes,

offertes aux hommes,

 

Les  temps d’accueil, de paix  et de fraternité,

 

Les temps de silence, de solitude et de lenteur

pour entendre enfin ce langage lumineux d’Amour

qui patiente au fond de nous,

 

Le temps d’abandon pour percevoir le Sacré

dans le détail comme dans l’Unité,

 

Le temps pour vivre alors,

l’instant comme un éclat d’éternité.

Terres Salées, 2012

Les lignes et la lumière où le minéral rencontre le végétal où le rectiligne créé par l’homme s’allie à la lumière et aux lignes libres, douces et caressantes des végétaux.

Un paysage où l’eau et le ciel se fondent, où les équilibres, parfois inversés, nous rappelle que ce n’est que la vision humaine qui les différencie.

Photographier sans qu’un élément soit primordial, comme une évidence, une énumération et montrer leur imbrication comme faisant partie d’un tout.


Et replacer l’homme en tant qu’élément naturel, léger, éphémère,

avec seulement les traces laissées par son travail.

 

Immense comme le ciel ou simple et commun comme le brin d’herbe figé par le sel,

rien n’est de moindre importance.

Tout se complète, vit et évolue créant ainsi un équilibre.